Patou quitte lvmh : retour aux sources pour le monocle français

Après une parenthèse de luxe supervisée par la Maison LVMH, la griffe Patou fait son retour, désormais sous l'égide de Dilesh Mehta, fondateur de Parfums Designer.

Un retour en force, décrypté

Un retour en force, décrypté

L’annonce, faite vendredi par Nirvana Investments LLC-FZ, la société mère de Mehta, marque la fin d’une collaboration de plus de dix ans. En 2018, LVMH avait acquis une participation majoritaire dans Patou, laissant Mehta avec 30% du capital de cette maison française fondée en 1914. Cette cession, loin d’être un simple déballage, s’inscrit dans une stratégie de repositionnement.

Guillaume Henry, l’artisan créateur qui avait insufflé un nouveau souffle au label après trois décennies d'inactivité, a opté pour un départ mutuel. Il se consacre désormais à d’autres projets, laissant la voie libre à une nouvelle orientation pour la marque. Une décision, d'après les observateurs, qui laisse entrevoir une évolution du format de Patou, sans pour autant dévoiler les contours précis de cette transformation. L’accord initial, en outre, prévoyait l’utilisation du nom ‘Joy’ pour une fragrance Dior, une clause bien rodée dans les transactions entre les groupes.

Sophie Brocart, ancienne directrice générale, avait également quitté l’entreprise en novembre 2024, après six années à la tête de la marque. L’absence de détails concernant l’avenir de Patou, après un départ collectif de son équipe dirigeante, témoigne d’une volonté de discrétion, voire d’une certaine prudence. Le groupe LVMH, après la vente de Marc Jacobs à WHP Global, semble vouloir capitaliser sur cette opportunité.

Mehta, quant à lui, se veut optimiste : « Nous sommes impatients de bâtir sur cette base et de poursuivre la croissance de Patou, avec la même vision à long terme, le même respect pour son héritage et la même ambition pour l'avenir. » Un discours qui suggère une volonté de redéfinir l’identité de la marque, loin des paillettes du grand luxe, et plus ancrée dans son ADN français. Ce retour, loin d’être un simple retour aux sources, semble être une véritable renaissance.»n