Le retour en force des couleurs vives sur les podiums masculins : adieu le gris, bonjour l'audace
Loin des diktats d’un minimalisme exacerbé, la saison printemps-été 2027 a secoué les codes de la mode masculine avec une explosion de couleurs inattendue. Un pull camel Celine et un pantalon assorti, combinés avec une bandoulière rose Barbie, illustrent parfaitement cette tendance audacieuse.
Une renaissance de la palette préscolaire
Les défilés masculins, de New York à Paris, ont témoigné d’un regain d’énergie et d’une volonté affirmée de s’éloigner des teintes neutres. Amy Smilovic, fondatrice de Tibi, a observé dès les premières présentations une « légèreté » palpable, une véritable « bouffée d’air frais », comme elle l’a souligné à Vogue.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large, initiée par des créateurs comme Lii, finaliste du CVFF à New York, qui avait déjà anticipé cette tendance avec ses coloris block et ses silhouettes rétro-futuristes en 2026. Anthony Vaccarello, chez Saint Laurent, a puisé son inspiration dans les années 80, avec des épaulettes boîte à cigares et des tons riches et précieux.

Pantone et la couleur oubliée
Pantone, l’institution de référence en matière de couleurs, avait pourtant prédit une domination du « Cloud Dancer », un gris doux et nuancé. Pourtant, au milieu de l’année, cette couleur a été largement reléguée au second plan. Les designers, comme Smilovic, ont opté pour une palette de pastels et d’« off-shades » audacieux, comme en témoignent leurs collections.
Le designer Michael Rider, par exemple, a associé un pull rouge tomate, une bandoulière prune et un pantalon marron terre à un pull Celine. Cette combinaison, selon Leatrice Eiseman, directrice de l’Institut Pantone, fonctionne grâce au contraste subtil créé par le rouge, qui attire l’attention sans dominer les autres éléments. La combinaison bleu piscine et marine, proposée par Auralee, illustre également cette approche, où une couleur sombre est mise en valeur par une teinte plus vive.

La théorie des couleurs au premier plan
Marc Jacobs a mis en scène une collection « courte et percutante », comme l’avait décrit Nicole Phelps de Vogue, en jouant sur des associations complémentaires, comme un mini-pull vert jaune et des collants violets opaques. Jada Schumacher, professeur à la FIT et experte en couleurs, explique que cette approche permet de créer un effet de surprise et de maintenir l’attention du spectateur. L’ensemble est une véritable « construction d’expérience », comme elle le souligne, allant au-delà de la simple présentation de vêtements.
Cette nouvelle appréciation des couleurs s’étend également au marketing, avec une augmentation des publicités de marques utilisant des teintes vives. Smilovic souligne que les marques ne se contentent plus de se définir par des couleurs spécifiques, mais cherchent à exprimer leur identité à travers des tonalités variées. En définitive, la mode masculine explore une nouvelle liberté, où l’audace et l’expression de soi prennent le pas sur les conventions.